Rituels de résistance : quatre œuvres de Nada El-Omari
Dans eva (2018), Yaffa (2019), from where to where من وين لوين d’où vers où (2021) et in the jasmine vines (2021), Nada El-Omari interpole des fragments de souvenirs et d’archives, qui évoquent une forme de désir (et le droit) de rentrer au pays.
Liste des œuvres au programme
« Je pense que le langage est un corps qui voyage avec moi, ses yeux percent à travers murmures et terres, il s’accroche à ma main, regardant toujours par-dessus mon épaule. » (from where to where من وين لوين d’où vers où)
Le cinéma de Nada El Omari envisage le foyer comme terre natale. Au fil de ses cinq courts métrages – dont quatre sont désormais accessibles sur Vithèque –, sa famille, son foyer et le territoire palestinien s’entrelacent en un collage de textures, donnant forme à la politique de la mémoire. Dans eva (2018), Yaffa (2019), from where to where من وين لوين d’où vers où (2021) et in the jasmine vines (2021), Nada interpole des fragments de souvenirs et d’archives, qui évoquent une forme de désir (et le droit) de rentrer au pays. Elle reconnaît une qualité sacrée aux gestes du quotidien, chez soi comme ailleurs : préparer du houmous au robot culinaire, s’éveiller au son de la prière du matin, contempler le ressac depuis les rochers à Haïfa. Ici réside une forme de résistance par le rituel.
Dans chacune de ces quatre œuvres comme dans leur ensemble, El Omari déploie divers procédés, tels que la surimpression, le texte trilingue à l’écran, le dessin et les archives – notamment celles de son père, le cinéaste Majdi El-Omari. La richesse de ses images tient en partie à ces techniques, mais aussi à l’urgence politique qui bat au cœur de chaque film. Nada circule avec aisance entre passé et présent, tout en interrogeant au passage l’impératif même de produire des images. Que faire des archives qui témoignent de ce qui fut, si elles se heurtent, de manière systémique, à l’indifférence?
Sarah Foulkes
Coordinatrice des ventes et de la collection



